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Un squat d' extrême-droite à Lyon

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Un squat d' extrême-droite à Lyon

Messagepar tometes camunani » 29 Mai 2017, 17:53

Article chopé sur Rue 89 Lyon:

À la manière des néofascistes italiens, le GUD ouvre un squat à Lyon

Les nationalistes du GUD ont ouvert un squat dans le 2ème arrondissement de Lyon, à une encablure de la place des Jacobins. Leur objectif : héberger « les nôtres avant les autres ». Tout un programme.

Par Laurent Burlet publié le 29/05/2017 à 17h31



Par cette action, ce groupuscule d’extrême droite radicale se place dans la lignée des Italiens de Casapound, un mouvement néofasciste qui a fait de la « réquisition » d’immeuble leur principal levier de propagande.

Vidéo, page Facebook, t-shirt floqué. Le GUD n’a pas lésiné sur les moyens pour communiquer sur l’ouverture de leur squat, rendue publique ce samedi à midi.

Situé au 18, rue du port-du-temple dans le 2ème arrondissement, le bâtiment de trois étages est vide depuis plusieurs années. Il est aujourd’hui propriété de la Ville de Lyon. Les militants d’extrême droite l’ont rebaptisé « Bastion social », comme une nouvelle marque de l’extrême droite.

Dans leur communiqué, le message se veut nationaliste et social. D’un côté des « Français sous le seuil de pauvreté » dont certains sont SDF, de l’autre un État qui aiderait des clandestins.

« L’État français est actuellement propriétaire de 78 millions de m2 dont 11 millions sont officiellement vacants, parmi lesquels 1 million de logements. Il aurait donc largement la possibilité d’attribuer des logements aux plus démunis de nos compatriotes. ».

Dans sa posture nationaliste, semblable à celle du Front national, le GUD estime et écrit que l’État français ne se préoccuperait que « des clandestins extra-européens ». Dans son fantasme, le groupuscule les voit même « déferler sur nos côtes au mépris des Français ».

L’idée est résumée dans un slogan xénophobe : « les nôtres avant les autres ». Le communiqué se poursuit par des revendications, au premier rang desquels la « systématisation de la priorité nationale pour l’attribution de logements ».

Le texte se termine par un appel aux dons de nourriture, de vêtements ou d’argent pour faire vivre ce « lieu de solidarité et d’entraide ».

L’action se situe sous le patronage de Dominique Venner, un essayiste, considéré comme un martyr par l’extrême droite.

Image
Le squat « Bastion social » du GUD à Lyon. Capture d’écran Facebook.


Une assignation en cour et un procès à venir

L’adjoint au maire de Lyon, délégué à la sécurité, Jean-Yves Sécheresse, n’est pas surpris par ce type d’actions :

« C’est une question de débouchés politiques. Le score de Marine Le Pen leur a montré que le pouvoir n’était par à leur portée. Ces groupes veulent donc directement mettre en application une partie du programme du Front national ».

C’est à la Ville de Lyon, propriétaire du bâtiment qu’il incombe de lancer une éventuelle procédure d’expulsion.

Le nouveau ministre de l’Intérieur et (toujours) maire de Lyon n’hésite généralement pas à le faire en matière de squat.

Une assignation a bien été lancée, nous a annoncé l’adjoint à la sécurité qui précise que les autorités ne pouvaient pas passer par une procédure accélérée de flagrance puisque les occupants ont, selon lui, prouvé qu’ils étaient dans les lieux depuis plus de 48 heures grâce à la souscription d’un abonnement EDF.

Un procès devant le tribunal administratif est à prévoir dans les prochaines semaines.


Un front commun nationaliste

Pour rappel, le GUD « Groupe union défense » se présente comme un syndicat étudiant. Depuis sa reformation à Lyon à la rentrée 2011, le GUD revendique deux « territoires » : l’Université Lyon 3 (une image dont l’institution tente de se débarrasser de longue date) et le quartier du Vieux Lyon.

Ses militants sont responsables de nombreuses agressions racistes ou dirigées contre ceux qu’ils considèrent comme « gauchistes » .

Ces « gentlemen fascistes » (comme ils se définissent) ont ouvert deux boutiques dans le Vieux Lyon et un local à Saint-Just. Dernièrement, ils ont pris pour cible la permanence lyonnaise d’En Marche ! avant le second tour de l’élection présidentielle.

Pour lancer cette occupation, le GUD s’est associé aux militants d’« Edelweiss Pays de Savoie », un groupuscule nationaliste créé en décembre 2013 et qui s’est développé après la dissolution des Jeunesses nationalistes dirigées par Alexandre Gabriac.

En septembre 2014, ils avaient fait parler d’eux suite à des tags retrouvés sur les murs de l’université de Chambéry. Leur logo est une fleur d’edelweiss représentée sous la forme d’un cercle avec au centre un poing américain transpercé de flèches. Leur slogan « social, national, radical » est également tout un programme.

L’edelweiss est un symbole historiquement utilisé par la mouvance fasciste, particulièrement dans les Alpes, car décrit comme la « fleur préférée » d’Hitler.


L’exemple néofasciste italien

Avec cette action, on voit que la réquisition de bâtiments vides n’est pas l’apanage de la gauche.
Mais le GUD a plutôt un autre modèle et lorgne plutôt de l’autre côté des Alpes.

À Rome, le mouvement Casapound qui prône un « fascisme du troisième millénaire » a posé comme acte fondateur la « réquisition » d’un immeuble à Rome. Derrière les murs de ce squat de la rue Napoléon III, vivent depuis 2003, 82 personnes au total (chiffre de 2013). Casapound a propagé son idéologie en Italie avec l’ouverture de centres sociaux du même type.

Les membres de ce mouvement néofasciste souhaitent également peser dans le champ politique traditionnel : en 2011, ils ont présenté des candidats aux élections administratives et locales.

Parmi ces candidats à Rome, Daniele Castellani dit “Pasquino” qui a exercé ses talents de tatoueurs dans le salon ouvert récemment par le GUD, dans le Vieux Lyon.

L’exemple de Casapound a été repris par l’extrême droite européenne, notamment en Espagne. Le mouvement Hogar social a occupé plusieurs bâtiments vides depuis 2014, dont récemment une ancienne banque à Madrid.

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Le squat italien de Casapound.
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Re: Un squat d' extrême-droite à Lyon

Messagepar Pete » 30 Mai 2017, 11:03

Rien ne leur est épargné à Lyon...

Bizarrement, Collomb toujours prompt à virer les squats de gauche ne bouge pas trop là.
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Re: Un squat d' extrême-droite à Lyon

Messagepar tometes camunani » 31 Mai 2017, 21:32

Et voici donc la réponse de Gérard Collomb (extrait de Lyon Capitale):

"Perrin-Gilbert parle Gud à Collomb qui lui répond Brigades rouges



Ce lundi, lors du conseil municipal, Nathalie Perrin-Gilbert a interrogé Gérard Collomb, en tant que ministre de l'Intérieur sur l'installation de l'extrême droite à Lyon. "Depuis plusieurs années, des groupuscules d’extrême droite s'organisent dans notre ville. Ça a commencé par des locaux dans le 5e. Puis par des tags fachistes. Les Lyonnais subissent la présence toujours plus violente de l’extrême droite avec une action coup-de-poing ce week-end du Gud (Groupe union défense, une organisation étudiante d'extrême droite, NdlR). La menace de l'extrême droite pèse dans notre pays et notre groupe aimerait savoir comment vous allez combattre ces agissements", a questionné la maire du 1er arrondissement.
Perrin-Gilbert et "bande à Baader"
Gerard Collomb a tout d'abord indiqué "qu’évidemment" il condamne l'occupation du Gud et a indiqué vouloir "agir par des voies légales". "On ne peut pas d'un côté condamner les occupations sauvages et les squats et d'un autre les encourager", a poursuivi le ministre en visant Nathalie Perrin-Gilbert. "Un certain nombre de discours violents, haineux et belliqueux amènent certain jeunes à l'irresponsabilité d'un certain nombre d'actes. Et ce ne sont pas eux les coupables, mais ceux qui les ont incités. Dans les années passées en Europe, cela a conduit à de grandes déviances en Allemagne ou en Italie et ma génération se souvient encore de ce que furent ces dérives qui ont été terribles". Une réponse pour le moins étrange qui fait visiblement référence à la Fraction armée rouge ou "bande à Baader" et aux Brigades rouges, des groupes terroristes révolutionnaires qui ont commis de nombreux attentats en Europe entre les années 70 et 90.
"À Lyon, l’extreme-droite devient un réel problème, mais personne ne souhaite en parler"

Des propos qui ont fait réagir la maire du 1er arrondissement qui a demandé des éclaircissements au maire de Lyon pour savoir s'il visait quelqu'un dans le conseil municipal. "J'évoque en tant que maire et ministre de l'Intérieur les faits qui me sont quotidiennement rapportés ou l'on incite ici ou là et dans beaucoup de villes à travers la France à occuper un certain nombre de lieux et je pense que l'on ne peut pas multiplier ces appels-là puisque les problèmes doivent se régler dans la légalité", a répondu Gérard Collomb sans plus de précision.
Contactée, Nathalie Perrin-Gilbert a indiqué ne pas avoir été étonnée par "l'absence de réponse de Gérard Collomb" sur l'extrême droite. "À Lyon, l’extreme-droite devient un réel problème, mais personne ne souhaite en parler. C'est un mal très lyonnais, quand un problème existe on fait en sorte de ne pas le nommer parce que l'on a l'impression que ça le ferait exister. Du coup on met la poussière sous le tapis", a-t-elle conclu."
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Re: Un squat d' extrême-droite à Lyon

Messagepar Matt » 01 Juin 2017, 09:43

Ce mec est complètement à côté de la plaque...
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Re: Un squat d' extrême-droite à Lyon

Messagepar Pete » 04 Juin 2017, 15:39

Collomb n'est pas réputé pour être vraiment à gauche non plus.

C'est un peu comme les maires (PS) qui ne voient pas le soucis à avoir un bar interdit aux non-blancs (comme la Citadelle) mais qui pleurniche avec l'extrême-droite quand des gens veulent s'organiser entre eux (collectif Mwasi).
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Re: Un squat d' extrême-droite à Lyon

Messagepar Béru » 14 Juin 2017, 11:07

Les keufs l'ont évacué. La pression exercée a porté ses fruits.



A Lyon, le squat du GUD expulsé
Cette fois, la justice a été rapide. Avec le concours de la force publique. Ce mardi matin, le tribunal d’instance de Lyon rendait sa décision concernant le squat du GUD, ouvert il y a près de trois semaines à quelques mètres de la place des Jacobins, dans le centre-ville de Lyon. L’après-midi, les militants d’extrême droite étaient expulsés par les forces de l’ordre.
Par Rue89Lyon publié le 13/06/2017 à 12h05


L’important dispositif de police s’est mis en place un peu avant 16 heures, rue du Port-du-Temple (2ème arrondissement) et autour de la place des Jacobins.

Après avoir usé de la disqueuse pour ouvrir la porte, la police est entrée dans le bâtiment. Quelques minutes plus tard, les occupants sortaient.

Vers 17 heures, l’expulsion était terminée. La police a compté neuf occupants à l’intérieur. Ils n’ont pas opposé de résistance. Deux ont été emmenés au poste pour un contrôle d’identité. L’un n’avait pas de papier sur lui, l’autre est mineur.

Les forces de l’ordre ont trouvé de nombreux vêtements et des stocks de nourriture. Les occupants n’ont pas pu les récupérer. L’adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon, Jean-Yves Sécheresse, a déclaré vouloir donner ces stocks aux associations caritatives.

Une cinquantaine de personnes a assisté à l’expulsion. Parmi elles, une poignée de membres du GUD qui a également été contrôlée par la police.

Image
Le squat du GUD expulsé par la police à 16h, en plein centre-ville de Lyon. ©LB/Rue89Lyon


Une ordonnance du tribunal rendue le matin même

L’expulsion a été demandée au tribunal d’instance et obtenue par la Ville de Lyon, propriétaire de ce bâtiment depuis qu’elle l’a racheté au Sytral (l’autorité organisatrice des transports) en décembre dernier.

Lors de l’audience du vendredi 9 juin, le groupuscule d’extrême droite avait fait profil bas. Pas de défense politique mais des arguments de procédure soulevés par l’avocat des nationalistes.
Il considérait en effet que le tribunal d’instance n’était pas compétent pour juger un bien propriété de la Ville de Lyon. Il estimait que cela relevait du tribunal administratif, comme le racontait le Progrès dans son édition du 10 juin.

Le tribunal d’instance a donc suivi l’argumentation de la Ville de Lyon (à l’origine de la procédure) qui estime que l’immeuble fait partie du domaine privé de la collectivité.

Selon l’adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon, le tribunal n’a accordé aucun délai aux occupants « sans droit, ni titre ». L’expulsion a pu intervenir sans délai, après le passage de l’huissier qui a signifié la décision de justice.

Pour faire accélérer les choses, une pétition avait été lancée le 10 juin par des riverains du squat pour demander à la municipalité et à la préfecture « la fermeture du squat fasciste, le Bastion Social ».


Image
Le squat « Bastion social » du GUD à Lyon. Capture d’écran Facebook.

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